Jean-Hugues Busslinger

Un PPP garanti la défense des intérêts publics et se révèle une solution «gagnant–gagnant» pour la collectivité publique et l’économie.

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TRAVERSÉE LACUSTRE

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Le Qatar offre 3,6 milliards pour le pont

Le fond souverain qatari pourrait financer la traversée lacustre. L'ancien conseiller d'Etat Philippe Joye a présenté le projet à l'ingénieur cantonal. Mark Muller, responsable des constructions, voit la chose d'un bon œil.

La traversée lacustre pourrait être construite par l'émirat du Qatar. Grand soutien de l'édification d'un pont entre Le Vengeron et La Belotte, l'ancien conseiller d'Etat et architecte Philippe Joye a présenté aux autorités cantonales le responsable des affaires immobilières de l'Etat du Qatar. «Les Qataris sont prêts à financer la construction d'un pont selon le système du partenariat public-privé (PPP)», commente M. Joye, qui estime les coûts à 3,6 milliards de francs. Dans les faits, l'ouvrage serait livré clefs en main contre le droit de percevoir un péage sur les véhicules qui l'emprunteront. Toutefois, ajoute M. Joye, «bien que l'ingénieur cantonal nous ait reçus, je ne peux pas dire que cette idée, pourtant novatrice et efficace, ait soulevé l'enthousiasme de ses services.»

Etude pour 2011
Interrogé, René Leutwyler, l'ingénieur cantonal, confirme la rencontre, la semaine dernière, avec un représentant qatari «favorablement connu à Genève». Il assure d'ailleurs «se réjouir de cette prise de contact qui prouve que le projet de traversée lacustre est intéressant et répond à un besoin». Pourtant, souligne-t-il, «pour qu'un tel projet voie le jour, il faut non seulement un financement, mais encore une autorisation de construire en bonne et due forme.» Or, on n'en est pas là. Le gouvernement a reçu mandat du Grand Conseil d'étudier un avant-projet de traversée lacustre (pont ou tunnel) et son raccordement au réseau routier. Cette étude, qui sera présentée début 2011, ne représente que le début «d'un processus qui prendra entre 5 et 7 ans», tempère M. Leutwyler qui relève pourtant que «les investisseurs qataris en sont conscients».
2030 ou 2050?
Le Qatar ne serait d'ailleurs pas seul sur les rangs. L'association PPP Suisse, qui regroupe des collectivités publiques et des entreprises privées, aurait également fait montre de son intérêt. «Qu'importe qui apporte les fonds, renchérit Philippe Joye, pour un tel projet, seuls des investisseurs privés sont à même de faire avancer rapidement les choses, sinon on attendra ce pont jusqu'en 2050. D'ici là, Genève aura subi un engorgement total.» Un argument qui ne trouble pas l'ingénieur cantonal: «Si nous menons des études aujourd'hui, ce n'est pas pour attendre qu'elles soient obsolètes. Les problèmes de goulet d'étranglement à Genève devraient être réglés entre 2020 et 2030, que les investissements soient privés ou étatiques.» 

Des propos qui laissent à son tour Philippe Joye dubitatif: «En Suisse, le financement de tels projets est un véritable mammouth politique. Chaque région, chaque canton fait pression sur la Confédération pour passer avant tout le monde. Les arbitrages sont sans fin et les délais jamais tenus.» 

Un argument qui parle à Mark Muller, le libéral en charge des constructions, pour qui «le partenariat public-privé est sans doute un moyen de réaliser plus rapidement cette infrastructure.» Le conseiller d'Etat n'en fait toutefois pas son principal cheval de bataille: «Il s'agit d'un plan B, nous privilégions toujours le financement classique, même si nous sommes dans un contexte difficile où l'argent disponible se raréfie.»

Source: GHI

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