Lorenz Bösch

L'évaluation du cycle de vie est une question clé dans le modèle PPP.

PPP-Informations

La traversée du lac va refaire des vagues au Grand Conseil

28.01.2016

L’initiative du PLR sera sans doute adoptée jeudi. Elle inscrit le bouclement autoroutier dans la Constitution, pour 3 à 5 milliards de francs.

C’est le retour du plus célèbre serpent de mer de la République genevoise. Après une légère trêve qui aura permis l’adoption d’un «compromis» sur la mobilité en décembre dernier, la guerre des transports va reprendre de plus belle, ce jeudi soir au Grand Conseil. Les députés vont en effet en découdre sur l’initiative du PLR pour la traversée autoroutière du lac. Si l’issue des débats ne fait guère de doutes – l’ensemble de la droite y étant favorable –, la gauche aura à cœur de rappeler ce qu’elle considère comme les principaux défauts d’un projet devisé entre 3 et 5 milliards de francs.

L’ouvrage rêvé par la droite sera-t-il un pont ou un tunnel? Par où sera-t-il raccordé à l’autoroute? L’initiative du PLR ne donne aucune précision. Elle inscrit simplement dans la Constitution du canton la nécessité de réaliser «une traversée du lac permettant l’achèvement du contournement de Genève». Le texte mentionne la possibilité de recourir au partenariat public-privé ainsi qu’à la Confédération pour faciliter le financement du projet. Il invite également le Conseil d’Etat à prendre des mesures d’accompagnement, en vue de réaménager le centre-ville.

En matière de mobilité – et malgré le net refus de la traversée de la rade en septembre 2014 –, la droite et les milieux économiques ne jurent quasiment que par cette traversée du lac, inscrite par ailleurs dans le Plan directeur 2030 du canton. Pensé pour «fluidifier le trafic» et soulager le centre-ville du transit automobile, cet ouvrage permettrait de «repenser l’accessibilité de l’agglomération, d’améliorer la performance des transports publics et de renforcer la qualité des espaces publics», écrit Eric Stauffer, député MCG, qui signe le rapport de majorité.

Un financement incertain

La droite espère ainsi réaffecter certaines rues du centre, comme les quais, afin de privilégier la mobilité douce. Les partisans de cette traversée soulignent en outre les besoins en mobilité de Genève qui ne cessent d’augmenter: près de 100 000 habitants supplémentaires sont attendus d’ici à 2030.

Avec une facture qui atteindra plusieurs milliards de francs, l’ouvrage peut difficilement être réalisé uniquement par le canton. Or la Confédération estime que ce projet n’est pas prioritaire et lui préfère aujourd’hui l’élargissement de l’autoroute de contournement, notamment en raison de la faible urbanisation de la rive gauche du canton.

La droite exprime donc sa volonté de réaliser les travaux en faisant appel à des fonds privés. Un partenariat public-privé qui accélérerait le lancement du chantier, mais qui ne serait pas gratuit pour Genève. Les investisseurs impliqués demanderaient à être remboursés avec des intérêts. De quoi alourdir la facture initiale.

Instauration d'un double péage?

Qui passerait à la caisse? Un récent rapport rendu au Conseil d’Etat mise sur l’instauration d’un double péage: à la fois pour emprunter la traversée et pour se rendre au centre-ville. Mais la mesure n’est juridiquement pas gagnée.

En face, la gauche parlera d’une seule voix pour combattre un projet «qui va à l’encontre de toute stratégie de mobilité d’avenir», déplore le député PS Thomas Wenger, en soulignant que pour rentabiliser ces travaux grâce à un péage, il faudra encourager les gens à prendre leur voiture pour franchir cette traversée. D’ailleurs, le Vert Mathias Buschbeck rappelle que «toute nouvelle route ne fait qu’inciter à l’utilisation de la voiture et favorise l’étalement urbain». Et de plaider pour le développement des transports publics, comme une mesure moins coûteuse et plus efficace. 

Source: www.lecourrier.chAuteur: Eric LecoultreDate: le 27 janvier 2016

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